Série de blogs, Animal Welfare Report 2022 – partie 3: De l’élevage au laboratoire, le bien-être animal est au premier plan - Interpharma

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1 décembre 2022

Série de blogs, Animal Welfare Report 2022 – partie 3: De l’élevage au laboratoire, le bien-être animal est au premier plan

Les animaux utilisés en Suisse pour des expériences sont en général spécialement élevés dans ce but. L’élevage et la détention, le transport et l’arrivée des animaux de laboratoire à destination sont sévèrement règlementés en mettant toujours le bien-être animal au premier plan.

Les entreprises pharmaceutiques pratiquant la recherche acquièrent la majeure partie des animaux de laboratoire dont elles ont besoin sur le marché international, en particulier en Europe, auprès d’éleveurs certifiés. En fonction du but de la recherche, les animaux employés dans une étude doivent présenter des caractéristiques bien précises. Les expériences sur animaux sont standardisées de manière à réduire la dispersion des résultats et donc aussi le nombre d’animaux employés. La standardisation porte sur les conditions d’hébergement des animaux (facteurs exogènes) et sur les animaux proprement dits (facteurs endogènes comme l’âge, le sexe, le génotype, l’état physique et la physiologie). On définit également si une modification génétique particulière est requise. La coopération avec des fournisseurs privilégiés («preferred vendors») assure la qualité des animaux voulue et le respect des spécificités demandées. Un autre élément capital est la standardisation de l’état de santé des animaux. En effet, les   de laboratoire élevés pour des études doivent être exempts de germes et agents pathogènes susceptibles de contaminer les autres animaux ou de fausser les résultats de l’étude. Tout cela requiert de l’expérience et des connaissances pointues de la part des éleveurs et des entreprises pharmaceutiques pratiquant la recherche.

Exigences strictes vis-à-vis des entreprises et des éleveurs

En Suisse et dans toute l’Europe, une institution de recherche ou une entreprise qui veut commander, détenir ou élever des animaux de laboratoire doit respecter des conditions spécifiques et être titulaire d’une autorisation. Une entreprise d’élevage est considérée comme un lieu de détention d’animaux. Elle doit donc remplir des conditions similaires à celles des entreprises pharmaceutiques et autres institutions de recherche. Il s’agit de normes strictes en matière d’infrastructure et d’équipements techniques tels qu’aération, température, approvisionnement en eau, litière, nourriture, hygiène, mais aussi dimensions, matériau et solidité des cages et formation du personnel. Au-delà des conditions légales, de nombreuses entreprises pharmaceutiques ont des exigences supplémentaires vis-à-vis des éleveurs, par exemple ce que l’on appelle «Environmental Enrichment», c’est-à-dire jouets, possibilités de grimper ou perchoirs surélevés, autant d’éléments cruciaux pour le bien-être des animaux.

Inspections régulières et audits

Dans les pays européens, la législation européenne et nationale portant sur la détention et l’élevage d’animaux de laboratoire prévoit des inspections régulières des autorités. En outre, l’AAALAC (Association for the Assessment and Accreditation of Laboratory Animals Care and Use) est une organization privée, internationale et à but non lucratif qui encourage un recours raisonné et responsable aux animaux en science, notamment au moyen d’évaluations sur la base du volontariat et de programmes d’accréditation. De nombreuses entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, universités, hôpitaux et autres institutions de recherche dans le monde entier sesont déjà fait accréditer par l’AAALAC. Cela veut dire qu’elles sont certifiées par l’AAALAC et sont régulièrement soumises à des audits. L’accréditation de l’AAALAC assure une norme internationale fiable pour les entreprises pratiquant la recherche. Par ailleurs, les entreprises pharmaceutiques pratiquant la recherche membres d’Interpharma réalisent ellesmêmes des audits réguliers auprès d’éleveurs avec lesquels elles coopèrent. Ces audits se basent sur des listes de contrôle détaillées (audits communs, cf. Charte pour la protection des animaux, p. 20 et Le Processus d’audit, p. 33).

Le transport doit être le plus court et le moins pénible possible

En raison des règles strictes en vigueur dans toute l’Europe, les entreprises d’élevage sont de plus en plus grandes. Étant donné qu’il n’existe plus d’entreprise de ce type en Suisse, les animaux de laboratoire sont en majeure partie importés de France, d’Allemagne, du Danemark et en partie d’Italie. Plus rarement, des animaux de laboratoire viennent des États-Unis ou d’Asie. Un avantage de l’Europe est que les trajets sont plus courts, ce qui réduit le risque de retards et autres incidents. Pour éviter le stress et l’épuisement chez les animaux, il faut toujours choisir le trajet le plus court et le moins pénible. Dans la plupart des cas, les animaux sont donc transportés dans des véhicules climatisés, donc sur la route. C’est plus agréable pour les animaux qu’un transport par voie aérienne. Si un transport intercontinental a lieu (outremer), il est toujours réalisé en avion, dans la mesure du possible par vol direct sans escale.

Planification minutieuse avec des partenaires expérimentés

De l’entrée dans les conteneurs de transport à l’arrivée sur le lieu de destination, l’expéditeur et le destinataire doivent planifier minutieusement tous les détails et travailler en étroite coopération. Ils doivent déterminer à l’avance tous les documents nécessaires et les compléter (autorisation d’exportation et d’importation, certificat sanitaire d’un vétérinaire officiel délivré à l’éleveur, déclarations sur les conteneurs de transport). Les transporteurs entrant en ligne de compte sont spécialisés dans le transport d’animaux de laboratoire. Ils disposent de véhicules adéquats et de conteneurs standardisés. Il est important que les animaux aient suffisamment d’eau et de nourriture, en prévoyant toujours des réserves en cas de contretemps. Pendant le transport, il est interdit d’ouvrir les conteneurs pour éviter toute introduction de germes susceptibles de porter atteinte aux travaux de recherche.

Règlementation stricte et plans d’urgence

L’ordonnance suisse sur la protection des animaux règle sévèrement le transport d’animaux. Elle précise les responsabilités de l’expéditeur, du transporteur et du destinataire. Les personnes qui effectuent le transport doivent être compétentes et avoir reçu des instructions sur les conditions de transport d’animaux de laboratoire. Pour que tout fonctionne sans accrocs à la douane, des sociétés spécialisées de «courtiers en douane» travaillent de concert avec les transporteurs. En cas de transport complexe, il est aussi possible d’informer et impliquer à l’avance le vétérinaire de frontière. Pour les incidents tels qu’embouteillage, accident, tempête, incendie ou tremblement de terre, mais aussi pour les situations qui peuvent se présenter en cas de pandémie, les transporteurs doivent disposer d’un «plan catastrophe» qui décrit ce qu’il faut faire dans chaque scénario.

Acclimatation des animaux à destination

En fonction de l’espèce animale, de sa provenance et des normes d’hygiène, différentes règles s’appliquent à l’arrivée des animaux à destination. On contrôle l’état de santé de chaque animal. Dans certains cas (p. ex. en fonction de l’espèce, de l’état d’hygiène, de l’état de santé et des exigences propres à l’entreprise), une quarantaine peut être nécessaire, ou alors les animaux sont directement amenés dans la zone d’hébergement. En cas d’anomalies ou de doutes, on examine si les animaux sont porteurs d’une infection. Une phase d’acclimatation d’au moins une semaine est obligatoire pour tous les animaux.

Un processus complexe requiert une planification précise

Le processus de spécification des animaux de laboratoire requis pour un objectif de recherche précis, de commande des animaux auprès de l’éleveur, de transport jusqu’à l’arrivée et à l’acclimatation des animaux à destination, est exigeant. Il faut pour cela des expert-e-s, des responsabilités claires et une bonne coopération entre le point de contact de l’entreprise pharmaceutique, les chercheurs/-euses et les éleveurs. Une planification prévoyante et exacte de quelles cohortes sont nécessaires pendant quelle période pour une expérience spécifique permet d’améliorer régulièrement la qualité de la recherche biomédicale impliquant des animaux et de réduire le nombre d’animaux nécessaires. Il s’agit là d’une contribution active aux 3R: «refinement» pour ce qui est des animaux choisis et de la manière dont ils sont planifiés, «reduction» pour ce qui est de l’optimisation de la planification de l’élevage. Toutes les entreprises membres d’Interpharma travaillent à des méthodes de substitution à l’expérimentation animale. Mais à l’heure actuelle, on a encore besoin de la recherche in vivo pour développer de nouveaux traitements contre des maladies graves. Il est donc important que ce type de recherche reste possible, avec des règles strictes, en Suisse et dans tout l’espace européen.

Michèle Sierro

Responsable communication Suisse romande

+41 79 305 84 30

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Interpharma, fondée en 1933 et dont le siège se situe à Bâle, est l’association des entreprises pharmaceutiques suisses pratiquant la recherche.

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