Améliorer l’accès, assurer l’approvisionnement
La sécurité d’approvisionnement recouvre plus que la seule disponibilité de prestations de santé existantes, elle implique aussi l’accès aux nouveaux traitements. Pour cela, la Suisse a besoin de conditions cadres compétitives pour l’activité recherche et développement, de modèles de rétribution modernes, de marchés ouverts et d’une autorité d’homologation indépendante et forte.
Il faut renforcer la sécurité de l’approvisionnement médical en Suisse. Le Conseil fédéral estime lui aussi qu’il faut agir: en mars, il a présenté diverses mesures, dont un contre-projet direct à l’initiative populaire. Hélas, aucune des mesures proposées ne porte sur l’accès aux nouveaux traitements qui se dégrade depuis des années. Seule la moitié environ des nouveaux médicaments pris en charge en Allemagne sont aussi disponibles en Suisse via la liste des spécialités et donc accessibles à égalité pour tous/-tes les patient-e-s. Or, l’accès aux nouveaux traitements fait partie de la sécurité d’approvisionnement, au même titre que, par exemple, la prévention des pénuries de médicaments établis. Pour renforcer durablement la sécurité d’approvisionnement, il faut donc aussi améliorer l’accès aux nouveaux traitements.
Une politique de la santé qui se concentre unilatéralement sur la réduction des coûts dégrade l’accès aux traitements innovants et affaiblit ainsi la sécurité d’approvisionnement. La clause de la nation la plus favorisée introduite par les États-Unis et dans laquelle la Suisse est un pays de référence crée une pression supplémentaire. Pour assurer à long terme l’accès aux nouveaux médicaments, il faut d’une part des modèles de rétribution attrayants et une modernisation du système de formation des prix, d’autre part des conditions cadres compétitives pour l’activité recherche et développement en Suisse. En fait aussi partie une stratégie cohérente globale pour les sciences de la vie, comme les ont l’Union européenne et le Royaume-Uni.
La coopération internationale et les chaînes d’approvisionnement mondiales sont indispensables à la sécurité d’approvisionnement. C’est pourquoi il convient d’intensifier les échanges internationaux et de renforcer l’ouverture des marchés et la stabilité des relations économiques. Il faut s’opposer avec détermination à un isolement croissant et au repli sur soi.
Il est tout aussi important de sauvegarder le principe de subsidiarité. Les interventions de l’État doivent avoir lieu de manière ciblée, sans affaiblir des structures qui fonctionnent. Faciliter l’autorisation de médicaments ne doit en aucun cas porter atteinte à l’autonomie et à l’indépendance de Swissmedic. Affaiblir notre autorité d’homologation aurait à long terme un effet négatif sur la place suisse et sur l’accès aux médicaments, donc sur la prise en charge médicale de la population.