Qualité dans le système de santé

En Suisse, la conviction est très répandue de disposer d’un système de santé de très haute qualité. En réalité, on ne dispose que de peu de données sur la qualité réelle de la prise en charge médicale. Le dernier rapport de l’OCDE (2011) souligne ce manque d’informations. De même, des normes de qualité uniformes et des mesures comparables de la qualité font défaut. En outre, il n’y a que peu de chemins cliniques clairement définis.

Les rares données disponibles indiquent parfois des différences régionales de qualité de la prise en charge médicale d’une ampleur alarmante. C’est ainsi qu’une étude remarquée sur le cancer du sein, publiée en 2009, a relevé des différences considérables dans l’ensemble de la chaîne de soins («Patterns of care of breast cancer patients in Switzerland»).

Orientation vers la qualité au lieu des coûts

Les débats actuels sur le système de santé se concentrent essentiellement sur la hausse des dépenses de santé et non sur la qualité de la prise en charge. Or, les lamentations reposent souvent sur des prémisses erronées et se focalisent seulement sur une petite partie des frais de maladie. En effet, une personne qui guérit plus vite et mieux d’une maladie et qui est en bonne santé n’a plus besoin de prestations de soins et reprend au contraire sa place en tant qu’élément productif de la société.

Dans ce contexte, le groupement d’intérêt «allianz q» revendique dans son manifeste de 2010 «la qualité avant les coûts». Le but est qu’à l’avenir, le système de santé suisse fonctionne dans des conditions cadres «assurant la plus haute qualité et une prise en charge optimale ainsi que permettant d’atteindre des objectifs de santé efficaces.» Ceci doit avoir lieu par le biais d’une pratique globale, orientée vers le patient et fondée sur les pathologies des patients.

Mettre l’utilité pour les patients au premier plan

Dès 2008, dans son étude sur le système de santé suisse, Elizabeth Teisberg, économiste de renom, est arrivée à la conclusion qu’il faut que la politique de santé suisse porte plus d’attention à l’utilité pour les patients et s’oriente vers la qualité des résultats des traitements. Selon elle, cette réorientation aurait aussi des avantages financiers car une population en bonne santé coûte moins cher qu’une population malade.

Dans son étude, Elizabeth Teisberg développe huit recommandations concrètes pour la politique de santé suisse, dont l’élaboration de dossiers médicaux électroniques. Les dossiers médicaux électroniques font partie de la «Stratégie Cybersanté (eHealth) Suisse» adoptée par le Conseil fédéral en 2007. Fin mai 2013, le Conseil fédéral a transmis le projet de loi sur le dossier électronique du patient et le message y relatif au Parlement.