Les arguments économiques sur les accords bilatéraux sont à nouveau mieux partagés – enquête de gfs.bern

Bâle, le 22 mai 2016

Entre le 18 avril et le 7 mai 2016, gfs.bern a interrogé 2500 électeurs sur mandat d’Interpharma au sujet de la politique européenne et des contradictions ressenties entre les accords bilatéraux avec l’Union européenne (UE) et la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse (IIM). Deux enquêtes similaires avaient déjà été réalisées en février et en octobre 2015.

L’industrie pharmaceutique, principale branche d’exportation de la Suisse, attache une priorité absolue à des relations stables de la Suisse avec l'UE, de loin le principal marché d'exportation de la branche. Dans le contexte du débat politique en cours sur la mise en œuvre de l’IIM, Interpharma a donc mandaté une troisième grande enquête de gfs.bern auprès de 2500 électeurs sur la politique européenne. 80% des participant-e-s ont été interrogé-e-s sur leur téléphone fixe et 20% sur leur mobile.

En résumé, les principaux résultats de cette enquête approfondie sont les suivants:

  1. Les arguments économiques ont à nouveau plus de poids dans le jugement porté sur les accords bilatéraux. 82% (en octobre 2015: 79%) des électeurs sont d’accord avec l’affirmation que l’économie a besoin de rapports stables avec l’UE. De même, les arguments selon lesquels les accords bilatéraux ouvrent l’accès au marché d'exportation européen important ainsi qu’aux programmes de formation et de recherche de l’UE et contribuent à la prospérité de la Suisse sont approuvés à une majorité de 60 à 79%.
  2. Les citoyen-ne-s estiment très importants les bénéfices du programme de recherche «Horizon 2020» pour les universités, les PME et les entreprises multinationales de Suisse: 81% sont d’avis que la participation de la Suisse est plutôt importante ou très importante pour les universités de notre pays; 60% pensent qu’«Horizon 2020» est important pour les PME. 
  3. Cette haute estime de l’importance d’«Horizon 2020» s’accompagne d’une approbation étonnamment forte de l’extension de la libre circulation des personnes à la Croatie comme l’a décidée le Conseil fédéral. 60% des électeurs sont d’avis que la libre circulation des personnes doit s’appliquer à la Croatie; 32% seulement sont contre et 8% sont encore hésitants.
  4. Le rayonnement de l’IIM est en perte de vitesse. Si les électeurs pouvaient s’exprimer à nouveau aujourd’hui sur l’initiative, 47% voteraient contre (en février 2015: 43%) et 36% pour (en février 2015, 39% auraient voté pour). Mais cela ne signifie pas qu’une simple nouvelle votation comme le demande l’initiative «Sortons de l’impasse» (RASA) obtiendrait la majorité: 43% seulement des personnes interrogées sont certainement ou plutôt d’accord (en octobre 2015: 44%), 46% sont contre et 11% indécis.
  5. Comme dans les enquêtes précédentes, les électeurs se prononcent clairement (61% contre 31%) pour une mise en œuvre flexible de l’IIM et contre une application à la lettre risquant de compromettre les accords bilatéraux. La mise en œuvre flexible prévoyant de favoriser les travailleurs suisses recueille le plus d’avis favorables: 77% sont entièrement ou plutôt d’accord avec cette solution. Une mise en œuvre flexible sans violation des accords bilatéraux, une mise en œuvre flexible avec des plafonds dans certaines branches ou régions particulièrement touchées et une mise en œuvre flexible avec un gel de l’immigration (clause de protection) sont aussi clairement majoritaires (environ 70% d’avis favorables chacune).
  6. Pour ce qui est de la future structure des rapports entre la Suisse et l'UE, la seule option actuellement clairement majoritaire est la poursuite de la collaboration sur la base des contrats bilatéraux actuels (81% pour). Ni un «perfectionnement des contrats bilatéraux» (40% pour), ni une adhésion à l’EEE (44% pour) ou à l’UE (14% pour) ne sont majoritaires. Il en va de même de la revendication de «dénonciation des accords bilatéraux» et de renégociation (37% pour) ainsi que d’une «position solitaire de la Suisse sans accords bilatéraux» (24% pour).
  7. De manière générale, deux ans après le scrutin sur l’IIM, les accords bilatéraux sont perçus de manière plus pragmatique. Mais il faut encore que les milieux économiques et politiques ainsi que les universités et les hautes écoles continuent à s’engager pour faire comprendre concrètement l’importance des accords bilatéraux. La question des réfugiés est considérée de manière critique. 58% des électeurs craignent des conséquences négatives pour la Suisse, mais 79% sont d’avis que le problème des réfugiés ne peut être résolu qu’au plan international.

Les résultats de l’enquête actuelle de gfs.bern sont disponibles dans le rapport en bref et les graphiques de cette vaste étude représentative.

Contact

Thomas B. Cueni, secrétaire général d’Interpharma
Portable 079 322 58 17 / thomas.cueni@interpharma.ch

Sara Käch, responsable de la communication d’Interpharma
Portable 079 208 16 33 / sara.kaech@interpharma.ch