Comment administre-t-on les médicaments?
Les médicaments sont administrés selon différentes méthodes. On distingue l'administration systémique (par voie générale) et l'application topique (locale). Les formes d'administration systémiques agissent sur tout l'organisme, les formes d'application topiques seulement à l'endroit où le médicament est appliqué, notamment sur la peau.
Formes d'administration systémiques
Quelles sont les formes d'administration systémiques?
Les médicaments peuvent être absorbés par la bouche. Au niveau du tractus gastro-intestinal, les substances actives pénètrent dans le sang, qui les transporte vers l'organe où elles doivent agir. Dans le cas de l'administration rectale, les substances actives diffusées par les suppositoires sont absorbées par la muqueuse du rectum. Il existe aussi une administration parentérale, c'est-à-dire par une voie autre que l'appareil digestif. Il s'agit habituellement d'une injection. On peut injecter une substance par voie intraveineuse (dans les veines), intramusculaire (dans le muscle) ou sous-cutanée (sous la peau). Lorsqu'une solution est administrée par voie intraveineuse pendant un temps prolongé, on parle de perfusion. Les formes galéniques, telles que les aérosols, les vapeurs ou les gaz, sont employées en inhalation. Le système transdermique est une sorte de timbre - ou «patch» - contenant une certaine quantité de substance active qui diffuse dans l'organisme de façon continue.
Formes d'administration topiques
Quelles sont les formes d'application topiques?
Dans le cas d'une application cutanée, le médicament - une pommade, par exemple - est appliqué sur la peau. Signalons encore les applications nasale, ophtalmique (dans l'oil), otologique (dans l'oreille) et vaginale (sous forme d'ovules).
Sécurité d'emploi des médicaments
Quelles mesures de précaution prend-on pour assurer la sécurité d'emploi des médicaments?
1. Obligation de l'enregistrement
En matière sanitaire, l'État a pour mission de protéger le public des risques et des fraudes pour tout ce qui concerne les médicaments. En Suisse, l'Institut suisse des produits thérapeutiques (Swissmedic) est l'autorité compétente dans ce domaine. Swissmedic décide, sur la base d'un contrôle approfondi, si un médicament est ou non autorisé à la vente. Ne peuvent être commercialisés que des médicaments qui satisfont aux exigences légales, harmonisées au niveau international, en matière de sécurité d'emploi, d'efficacité et de qualité. Les critères d'autorisation de mise sur le marché sont réglementés par la Loi sur les produits thérapeutiques (LPT), par l'Ordonnance sur les exigences relatives aux médicaments (OEMéd) ainsi que, dans certains cas, par l'Ordonnance sur l'autorisation simplifiée et l'annonce obligatoire des médicaments (OASMéd).
2. Dispensation de médicaments par le commerce spécialisé ou les médecins
Les médicaments doivent être achetés dans les commerces spécialisés, c'est-à-dire en pharmacie ou en droguerie (exception: médicaments en vente libre de la catégorie de remise E). Dans la plupart des cantons, les médecins dispensants ont le droit de vendre directement des médicaments à leurs malades (dispensation médicale). Le personnel formé en conséquence est en outre habilité à utiliser et à dispenser des médicaments dans les hôpitaux. Le fait que la dispensation soit limitée aux médecins ou au commerce spécialisé (pharmacies, drogueries) se justifie par le fait que l'emploi correct d'un médicament présuppose en général les conseils d'un professionnel.
Lors de l'autorisation de mise sur le marché, Swissmedic décide, sur la base du rapport risque-bénéfice, si un médicament peut être vendu seulement sur prescription médicale (soumis à ordonnance) ou sans cette prescription (en vente libre), mais avec les conseils d'un professionnel. En conséquence de quoi, Swissmedic classe les médicaments en différentes catégories de remise. Les médicaments soumis à ordonnance sont répartis entre les catégories A et B, les médicaments en vente libre entre les catégories C, D et E. Les médicaments en vente libre sont aussi qualifiés de «médicaments OTC», abréviation de l'expression anglaise «over the counter» (sur le comptoir). Ces médicaments sont conçus pour l'automédication, autrement dit pour le traitement médicamenteux par le patient lui-même, sous sa propre responsabilité.
Les catégories de remise se répartissent comme suit:
3. Indications figurant sur l'emballage et la notice d'emballage pour l'information du patient
Chaque emballage de médicament doit comporter les indications prescrites. Cela inclut la mention du nom de marque du médicament et celui de sa substance active ainsi que certaines informations importantes, en particulier sur la sécurité d'emploi et les conditions correctes de stockage. Les indications portées sur l'emballage visent aussi à ce qu'un médicament soit, dans toute la mesure du possible, identifié sans risque de confusion. Chaque emballage de médicament contient en outre une notice en plusieurs langues destinée à l'information des patients. Celle-ci renseigne le patient sur le but et l'emploi correct du médicament, par exemple sur la maladie ou les troubles qu'il doit guérir ou atténuer. La notice d'emballage informe en outre sur le mode d'administration, la posologie, les contre-indications («Quand le médicament ne doit-il pas être utilisé?») et les symptômes accompagnant d'éventuels effets indésirables. Il est recommandé de lire les indications figurant sur l'emballage et la notice d'emballage avant d'utiliser un médicament pour la première fois.
4. Date de péremption
Sur chaque emballage de médicament est imprimée ou gravée une date de péremption. Ainsi le patient peut-il savoir quelle est la durée de validité et d'utilisation du médicament, dans la mesure où ce dernier est conservé correctement. Les médicaments dont la date de péremption est dépassée peuvent être rapportés à une pharmacie ou une droguerie pour être éliminés selon des procédés respectueux de l'environnement.
Contrôle de la sécurité d'emploi des médicaments
Que fait-on pour assurer la sécurité d'emploi des médicaments?
Si l'on observe un nouvel effet indésirable supposé lors de l'utilisation d'un médicament déjà autorisé, Swissmedic ou l'un des centres de notification d'effets indésirables désigné par ses soins doit immédiatement en être averti. La même procédure s'applique pour tout effet indésirable déjà connu survenant avec une fréquence inhabituelle. Cette obligation d'annoncer concerne aussi bien l'entreprise responsable du médicament que les médecins, pharmaciens et droguistes qui constatent un tel événement. Les patients eux-mêmes peuvent déclarer à Swissmedic des effets indésirables supposés; il est toutefois plus judicieux qu'ils s'adressent pour cela au médecin traitant ou au centre de remise qui leur a fourni le médicament. On leur indiquera aussi les directives de comportement éventuellement nécessaires. Si, compte tenu des notifications d'effets indésirables, des mesures s'avèrent nécessaires pour garantir la sécurité d'emploi du médicament, c'est Swissmedic qui s'en charge.