Les contrefaçons de médicaments représentent un sérieux danger pour la santé. Dans le cas des contrefaçons de produits de luxe tels que montres, sacs à main ou vêtements, les entreprises sont victimes d'un préjudice économique et les consommateurs d'une déception, car ils payent au prix fort ce qui n'est qu'une imitation. Dans le cas des contrefaçons de médicaments, il en va en revanche de la sécurité, voire de la vie des patients. De plus, les contrefaçons portent atteinte au droit à la propriété intellectuelle: droit des brevets, protection des marques, droit d'auteur, protection des données par exemple.
En Europe, on observe une forte augmentation du nombre de contrefaçons de médicaments. Les médicaments représentent 10% des contrefaçons saisies par les douanes de l'UE.1 Les contrefaçons ne concernent plus seulement ce que l'on appelle les produits de confort (p. ex. médicaments contre l'impuissance sexuelle, produits amaigrissants), mais aussi des médicaments anticancéreux, des médicaments destinés à soigner des maladies cardio-vasculaires, des antibiotiques, des analgésiques, des contraceptifs et autres médicaments délivrés sur ordonnance. Les contrefaçons peuvent contenir le bon principe actif, mais en quantité trop élevée ou insuffisante ou sous une forme contenant des impuretés. Les contrefaçons peuvent aussi être dangereuses si elles ne contiennent aucune trace du principe actif attendu. Bien souvent, les prétendus médicaments contiennent par exemple de la poudre de briques ou de la farine, plus rarement des poisons tels qu'insecticides ou mort-aux-rats. D'après l'OMS, 10% des médicaments de par le monde sont des contrefaçons, voire jusqu'à 30% dans les pays en développement.
1 European Commission: Report on EU customs enforcement of intellectual property rights, results at the EU border - 2009.

Acheter des médicaments illégalement sur Internet, c'est dangereux
Dans les pays industrialisés, la vente de médicaments sur Internet est la principale porte ouverte aux contrefaçons de médicaments. Plus de la moitié des médicaments vendus illégalement sur Internet sont des contrefaçons.
Ces dernières années, on observe en Suisse une augmentation fulgurante de ces importations illégales de médicaments. Les contrôles effectués par Swissmedic et la douane l'an passé ont permis d'estimer que les particuliers introduisent chaque année par voie postale au moins 50 000 envois illégaux de médicaments en Suisse.
Les médicaments obtenus par voie légale (pharmacie, droguerie, cabinet médical) ne présentent en Suisse aucun danger d'être des contrefaçons. Ceci est dû en grande partie au fait que la Suisse et ses canaux de distribution, de par la taille de notre pays, sont encore relativement clairs et transparents. Les canaux de distribution sont d'une part surveillés par les entreprises pharmaceutiques elles-mêmes, d'autre part contrôlés par les inspections des autorités.
Les entreprises pharmaceutiques collaborent étroitement entre elles ainsi qu'avec les autorités douanières et utilisent des signes de sécurité visibles et dissimulés, rendant la contrefaçon plus difficile. Il s'agit par exemple d'hologrammes, d'encre qui change de couleur ou de surfaces irisées. De plus, les entreprises pharmaceutiques utilisent de plus en plus souvent des techniques de traçabilité telles que numéros de série, en combinaison avec le code bidimensionnel Datamatrix. Le code bidimensionnel Datamatrix permet de coder les informations de manière compacte à l'aide de points formant un dessin dans un carré ou un rectangle. Il a pour but de permettre une traçabilité sans faille des médicaments et un contrôle d'authenticité de chaque emballage individuel. Concrètement, chaque boîte de médicament porte un code d'identification que le pharmacien vérifie avant de remettre le médicament au patient. Ce système a été testé avec succès en Suède dans le cadre d'un projet pilote de l'organisation pharmaceutique européenne (EFPIA) en coopération avec les pharmaciens et les grossistes.